BRM 300 km "Sioule & Cher"

11 Avril 2026

 

Après une nuit très courte… 2 heures de sommeil effectif, je me rends à l’accueil à Bellerie vers 4h30 du matin. Vérification du matériel et un petit café pour patienter. Nous sommes 3 CCA : l’expérimenté Olivier, Victor et moi, les deux novices qui tentons notre premier BRM. Nous récupérons la fameuse petite carte à tamponner pour valider le brevet : il est 5h, nous pouvons partir pour la boucle “Sioule et Cher”. Enfin presque… Dans la convivialité, j’ai oublié mes préparatifs : GPS non démarré, capteur de puissance non réglé...

Mes camarades partent sans moi le temps des réglages. Je décolle en trombe, fais 500 m, je vois ma trace GPS partir à gauche… et tous les cyclistes à droite ! Panique. Je fais 100 m et je tilte : je suis sur l’autre BRM 300, celui de “La Charité”. J’essaie d’appeler Olivier puis Victor, pas de réponse. Demi-tour, je reprends ma trace et j’envoie les watts pour les rattraper.


Après 15 minutes, je ne comprends pas : j’ai remonté pas mal de participants mais toujours pas de collègues CCA en vue. Olivier finit par m’appeler : ils se sont trompés eux aussi et sont finalement derrière moi ! On convient que je poursuis seul ma route, nos rythmes étant de toute façon différents.

Je rejoins un groupe de 4 cyclos d’allure régulière et je m’y glisse. Nous passons Charroux — 30 km en 1h10 : il est 6h15, photo du panneau pour remplacer le tampon. La descente après Charroux nous glace : 6 °C, brume, humidité. Je suis limite en gants courts ; je garde mes trois couches : sous-maillot, maillot, coupe-vent.

 

Le jour se lève et nous sillonnons la vallée de la Sioule, montée/descente permanente. Moyenne autour de 25–26 km/h, je me sens bien, la journée sera longue. Je découvre mes compagnons : originaires de Bourges et Nevers, cyclistes confirmés de 40–50 ans, tous en 2e div UFOLEP, qui se mettent au “long” en vue de Paris-Brest-Paris l’an prochain.

Nous arrivons au point de vue des méandres de Queuille (88e km) : photo pour prouver notre passage. Il est 8h54, on tourne à ~24 km/h avec les arrêts. Boulangerie aux Ancizes : le temps s’est réchauffé, 10 degrés de gagnés, vent chaud. J’enlève jambières, veste et harnais.

Au 115e km, le parcours devient moins cassant mais le vent de côté et de face se lève. Le groupe s’organise en relais dans le sens inverse des aiguilles d’une montre pour mieux s’abriter. Tout le monde joue le jeu, on fait une dizaine de kilomètres à 40 km/h. La moyenne remontait… puis la pluie arrive.

Grosse saucée en arrivant à Chambon-sur-Vouaize (158 km). Impossible de trouver une boulangerie, on fait tamponner à la pharmacie et on repart. Relais, bon rythme… nouvelle saucée. L’un des 4 n’a pas de veste : gelé, il file tout droit. Les deux autres s’arrêtent chez Belle-Maman à Montluçon. Je décide de repartir vite en chasse du premier pour éviter de rouler seul.
Je me donne pour le rattraper : ça roule fort. On traverse Montluçon (pas fun du tout) puis on prend la voie verte du canal de Berry. Vent de côté mais qui ne gêne pas, 30 km/h régulier.

Dans un petit zigzag pour suivre le canal, je passe au pas et j’entends un bruit d’air à l’avant : crevaison, 195e km. Je m’arrête. Mon camarade me demande si j’ai ce qu’il faut : oui. Il a froid, on convient qu’il reparte.

 

Je démonte, je cherche la cause, je ne trouve rien. Je remonte une chambre, je repars… puis je reviens : mes lunettes sont tombées dans l’herbe pendant la réparation. Je les retrouve, je repars… puis je reviens : elles étaient retombées après quelques mètres (la buée m’empêche d’y voir quelque chose, je les avais - mal - accrochées au cintre). Je les récupère, je repars pour de bon.
J’arrive à Vallon-en-Sully (209e km), dernier pointage. Il est 13h. Rien d’ouvert : je reviens à un restaurant au bord du canal pour le tampon. Je remarque que ma roue fuit encore. Je regonfle et repars. Dans la montée suivante, le pneu redevient mou : réparation obligatoire.

Je n’ai plus qu’une chambre à air. J’optimise : je colle la rustine sur la première chambre tout en démontant la seconde. J’appelle Nadège pour râler pendant la manip’ (ça fait du bien). En cherchant minutieusement, je trouve enfin le petit caillou coupable : ouf. Je remonte le tout et je repars.

Je suis énervé. Il y a 15 jours, sur les 400km de Clermont-Paris, 5 réparations en 30 km : 3 crevaisons, une rustine autocollante foireuse, et un caillou oublié dans le pneu… Je n’apprends pas : il faut prendre le temps de chercher la cause de la crevaison !
La pluie repart de plus belle, je suis trempé mais j’ai la flemme d’enfiler la veste. Il reste 80 km, vent de dos, ça donne un gros moral, je me sens champion du monde. -2 % sur 10 km, un bon 50 km/h en poussant un peu les watts. Jambes au top, aucune fatigue, pas de douleurs tendineuses.

Dernier arrêt boulangerie et eau pour tenir les 60 derniers kilomètres. La pluie ne s’arrête pas, je remets enfin - et un peu tard - la veste. Je double deux cyclos dans le dur, gros différentiel de vitesse : c’est méchant mais ça booste le moral - je suis une mauvaise personne ;-)
La fin est un peu longue en approchant Vichy : envie d’arriver. C’est fait à 17h50. Accueil chaleureux : soupe chaude, crêpes faites devant nous, le bonheur. Je tente de me réchauffer mais je suis trempé et je n’ai rien pour me doucher. Je décide de filer à la maison sans attendre Olivier et Victor — désolé les gars, la famille m’attend à Clermont.

Bilan : 12h45 pour boucler ces 300 km et plus de 3000 m D+. Environ 2 h de pause. Une moyenne roulante de 28 km/h et d’excellentes sensations. Le vent dans le dos sur les 3 dernières heures étaient très favorables au moral : je n’ose pas imaginer avec un vent opposé.

https://www.strava.com/activities/18068678907

Le principe du BRM est top ! Vraiment pas cher vu l’accueil : les sourires des bénévoles (et les crêpes) valent bien plus que 8 €. Une belle première expérience, à refaire !

Merci à Olivier pour la proposition, je ne suis pas déçu d'avoir accepté.

La suite pour moi : poursuivre la préparation de la Race Accross France le 24 juin - 1000 km et 15000m D+.